INTRODUCTION
Une retraite réussie cela dépend de vous !?

Le départ à la retraite c’est plutôt une étape positive, disent beaucoup de Français (enquête INSEE 2012). Seulement 4 % ont peur d’une période plus difficile. Mais allez sur Youtube en tapant le mot « retraite », les chansons y ont plutôt un goût amer ! Être retraité cela fait rire, et cela fait peur.

La vie s’allonge, le temps de l’« après travail » grandit. Bien sûr, on a le temps de voyager, de s’occuper des petits-enfants, de faire du bénévolat, mais entre le retraité hyper-actif et celui qui s’ennuie à mourir, trouver la bonne place n’est pas si facile.

Parvenir à la retraite constitue un véritable passage. C’est une rupture, un deuil. Il y a un temps où l’on est « entre deux mondes », au mieux on trouve une nouvelle place dans la société, mais ce n’est pas dit d’avance.

Un petit groupe de xavières et d’associés a entrepris de franchir plus consciemment ce passage grâce à un parcours qui va se poursuivre sur un an.

ETAPE 1
« Comment ai-je vécu mon passage à la retraite ? »

Chacun des participants a pris d’abord le temps de décrire la manière dont s’était passé son départ à la retraite. Vous en trouverez ici trois échos qui vous évoqueront sans doute d’autres récits. Allez voir nos témoignages en vidéo.

ETAPE 1 +
La retraite ?

Françoise Le Corre, philosophe, ancienne directrice adjointe de la revue Études, évoque pour nous l’ambivalence de l’image sociale que la société projette sur les retraités.

Un livre

 livre_odyssee « La retraite, une nouvelle vie. Une odyssée personnelle et collective » par Anastasia Blanché aux Éditions Odile Jacob, novembre 2014.

Psychanalyste et psychosociologue clinicienne, enseignante à l’université ParisVII, l’auteure accompagne des personnes et des équipes en situation de changement. Elle compare le retraité d’aujourd’hui à Ulysse, le héros mythologique qui entreprend un long voyage dans l’inconnu et va devoir surmonter bien des obstacles pour revenir chez lui transformé. Chapitres savoureux qui donnent à penser.

Et si la retraite était une odyssée créative, un rendez-vous unique avec soi-même ? Les questions soulevées au long des chapitres sont pertinentes. Cette nouvelle « classe d’âge » (avant 1950 peu nombreux étaient ceux et celles qui parvenaient à l’âge de la retraite) est une génération pionnière qui pourrait bien inventer une nouvelle manière de vivre ensemble et dans l’intergénérationnel.

Et aussi

« La réforme des retraites » par Bruno Palier – PUF Collection « Que sais-je ? » 3667

Quelques chiffres…

sessionLa nécessité d’une réforme des retraites (Chiffres de l’Insee 2014)

En 1975 il y avait en France 13 millions de cotisants et 4,1millions de retraités. En 2012, il y avait 17,7 millions de cotisants et 13 millions de retraités ? Le rapport démographique était de 3,14 en 1975, il est de 1,35 en 2012.

Un double objectif : équilibrer nos régimes de retraites à l’horizon 2020 et parvenir à une stabilité durable En l’absence de réforme, l’ensemble de notre système de retraite afficherait en 2020 un déficit de 20,9 milliards d’euros, qui se stabiliserait ensuite à 27 milliards vers 2040. La réforme permettra :

  • de dégager les 7,6 milliards d’euros qui correspondent au déficit du régime général et des régimes de base qui ne sont pas équilibrés par une subvention.
  • de conserver l’équilibre jusqu’à 2040. Au-delà de cette date, le nombre de retraités par rapport aux actifs cesse de se dégrader, et nos régimes s’auto-équilibrent. La réforme contient donc des mesures pour passer ce cap, un objectif largement à notre portée.

Pour tenir compte des évolutions démographiques et notamment du fait que l’espérance de vie à 65 ans augmente régulièrement, la durée d’assurance* augmente elle aussi régulièrement. Avant la réforme, cependant, les assurés nés après 1957 ne savaient pas à l’avance, quelles conditions s’appliqueraient à leur retraite. La réforme donne cette visibilité pour toutes les générations. La réforme fixe à un trimestre tous les trois ans le calendrier d’augmentation de la durée d’assurance, jusqu’à un maximum de 43 ans (172 trimestres) pour la génération née en 1973. Aucune augmentation ne sera nécessaire au-delà de cette date.

Voir : http://www.social-sante.gouv.fr/reforme-des-retraites,2780

Bénévolat et la retraite

« D’un point de vue qualitatif, dans toutes les enquêtes menées auprès de retraités, la grande majorité des interviewés exprime le besoin d’avoir des activités socialement reconnues, de « servir à quelque chose ». C’est même souvent le choix et la mise en œuvre de ces nouvelles activités, au sein d’un nouvel équilibre de vie, qui marquent la fin du deuil social du travail rémunéré. »

Les plus de 50 ans sont nettement plus engagés que les autres tranches d’âges (les plus de 65 ans ont un taux d’engagement de 51%). La tranche des 50/65 ans mériterait d’être analysée plus finement, car on sait que la sortie réelle du marché du travail, notamment par les préretraites, se situe autour de 58 ans actuellement. http://www.francebenevolat.org/

ETAPE 2
Un questionnement spirituel : des rites de passage…

 session_retraite1En écoutant les récits des uns et des autres nous avons constaté que plusieurs avaient voulu marquer le passage à la retraite par un moment de halte spirituelle. Au cours de la deuxième session nous avons réfléchi sur les rites de passage qui marquent dans toutes les sociétés les grandes étapes de la vie : naissance, puberté, mariage, décès.

Le passage à la retraite qui se profile comme une nouvelle étape entre âge adulte et mort est déjà célébré par ce rite de passage qu’est le pot d’adieu et ses cadeaux.

A chaque étape de la vie, l’Église propose des célébrations qui en donnent le sens chrétien. Faut-il créer un rite spécial pour ce passage à la retraite ? Tous les temps sont dans la main de Dieu. Alors, comment vivre dans la foi ces années et comment le signifier à chacun et à la communauté chrétienne toute entière ?

ETAPE 2 +
Un  texte

Invités à Naître, Un texte de Christian de Chergé

Après la visite au monastère d’un groupe armé, Christian relit les événements et donne sens au passage entre Noël 1993 et la Pâque qu’ils vont célébrer en mars 1996.

Notre grâce de communauté a été d’être confrontée à vivre ce raccourci, de rester dans la grâce de Noël en acceptant que cette grâce pourrait être de nous inviter à vivre le mystère pascal. Ce qui nous restait à faire, c’était de vivre et la première chose, c’était de célébrer la vigile de la messe de Minuit. Nous l’avons fait, nous nous sommes laissé attirer par la prière de l’Église et nous avons chanté Noël. Et nous avons accueilli cet Enfant qui se présentait à nous sans défense, désarmé. Si nous nous situons dans cette perspective, nous découvrons ce à quoi Jésus nous invite, c’est à NAÎTRE.

Notre identité d’homme va de naissance en naissance, de commencement en commencement. L’évangile de St Jean dont le message est réellement la mise en valeur de cette réalité fondamentale : « le VERBE s’est FAIT CHAIR, il a HABITE PARMI NOUS ». De naissance en naissance, nous arriverons bien par finir à mettre au monde l’enfant de Dieu que nous sommes. Car l’Incarnation, pour nous, c’est de laisser la réalité filiale de Jésus s’incarner dans notre humanité, en moi dans mon humanité. L’Église c’est l’Incarnation continuée, elle a choisie pour continuer …. Elle n’a que nous pour la continuer L’incarnation continuée, Invincible espérance.

8 mars 1996 Christian de Chergé

 

Un mouvement

MCRUn mouvement d’Église regroupe des chrétiens retraités et constitue un vaste réseau à travers toute la France. Il propose une approche positive de ce temps. Ainsi sur la première page de son site : « La retraite c’est la fin de la vie professionnelle, mais pas celle de l’engagement ! Quelles sont les perspectives nouvelles qui s’ouvrent à la retraite ? La retraite, temps de promesse, temps privilégié pour poursuivre et renforcer son engagement chrétien ? »

Regardez la vidéo dynamique qui présente l’approche du mouvement.

ETAPE 3
Aspects psychologiques et anthropologiques du passage à la retraite

Après les deux premières étapes de ce parcours, une troisième session nous a permis de réfléchir aux aspects psychologiques et anthropologiques du passage à la retraite.

Nicole Fabre, docteur en philosophie et psychanalyste, nous a accompagnés au cours de cette session.

Elle a aussi accepté de répondre à quelques questions :

ETAPE 3 +
« Être jeune », de Samuel Ullman
La jeunesse n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit,
une question de volonté, une qualité de l’imagination,
une vigueur des émotions, la fraîcheur de la source de vie,
une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années :
on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis,
qui lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande comme l’enfant insatiable : et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi vieux que votre peur.
Aussi jeune que votre espérance.
Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.
Si votre esprit se recouvre de la glace du cynisme et du pessimisme,
alors vous vieillirez, même à vingt ans. Mais si vous restez ouvert
et que vous captez l’espérance, vous mourrez jeune à quatre-vingts ans !

Version du Général Mac Arthur, 1945, revue selon la version originale

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