dialogue_84Même pas peur ?

Nous avons repris comme titre de ce nouveau numéro de Dialogue, le slogan lu sur les messages laissés à la suite des attentats de Paris, en y ajoutant un point d’interrogation.

Même pas peur ? Est-ce si vrai que cela ? Les bouleversements de notre monde liés aux phénomènes naturels, aux guerres, au terrorisme génèrent de nouvelles peurs, « dissipent nos assurances et rongent notre quiétude » comme l’écrit Henri Madelin. Pourtant ce slogan qui a fleuri suite aux attentats vient défier la peur elle-même et ceux qui la sèment.

Peur à traverser au cœur des violences et de la guerre ici évoquée, sans méconnaître les risques mais en choisissant de demeurer debout et vivant. Demeurer dans le réel sans laisser divaguer son imagination, choisir la vie plus forte que la mort. « Vous n’aurez pas ma haine » écrivait Antoine Leiris, au lendemain de la mort de son épouse au Bataclan. Même sursaut de vie pour ne pas laisser gagner la déraison. Mais la peur ne se glisse pas uniquement dans ces situations extrêmes, elle habite nos vies, signe et expérience de notre finitude.

Peur du vieillissement dans des sociétés où l’on n’a plus de place lorsqu’on devient « fripée et déformée » !
Peur d’une image perdue en même temps que celles de facultés.
Peur de s’engager, quand le doute vient faire vaciller la joie première du chemin engagé.
Peur de se confronter à l’autre dans une parole de vérité en s’imaginant d’avance rejeté.
Peur de quitter, « compagne des départs » et des premières fois, lâcher les lieux familiers et rassurants pour l’inconnu d’un ailleurs.

La peur, toutes ces peurs nous submergent parfois et nous paralysent et seule la parole, à l’écoute de ce qui vit en soi peut permettre la traversée.
Dans ce combat sans cesse à mener, la Bible nous redit comme un refrain «N’ayez pas peur ». Invitation à sortir de l’imaginaire ou lorsque le danger est réel à risquer la confiance, à entrer en résistance pour accéder à davantage de liberté.
« Là où nous craignons pour notre survie, il ne faut pas s’abstenir, écrit le philosophe Michaël Foessel, mais au contraire assumer la responsabilité qu’il y ait encore demain quelque chose plutôt que rien ». Cultiver l’émerveillement, le goût de l’autre et de la vie, aussi fragile soit-elle jusqu’au bout.
Prendre soin de soi, de la terre et des autres, aimer, car seul « l’amour bannit la crainte ».

Colette H.

Sommaire

Édito

  • Page 3 : Joëlle Ferry, supérieure générale

à la rencontre de

  • Page 5 : Les migrants et la communauté de Hambourg

dossier : Même pas peur ?

  • Page 9 : Présentation par Colette H
  • Page 10 : Seul l’amour bannit la haine par Anne-Marie A.
  • Page 12 : Le silence de la peur par Henri Madelin, jésuite
  • Page 15 : La peur du vieillissement par Colette R.
  • Page 16 : La peur de m’engager par Perrine G.| La peur dans la guerre par Christine M.
  • Page 17 : La peur d’une confrontation par Gabrielle F.
  • Page 18 : La peur de quitter par Françoise A.
  • Page 19 : Écouter ce qui vit en soi par Mireille Grosse, psychanalyste, laïque associée à La Xavière
  • Page 21 : Peur et combat spirituel par Marie G.
  • Page 23 : De la peur, chemin de mort, à la confiance, chemin de vie par Anne D.

sources

  • Page 25 : Cultiver la gratitude par Monique L.

nouvelles des communautés

  • Page 28 : Adidjan-Cocody, 50 ans de présence
  • Page 29 : Marseille, Dans la diversité des activités et des lieux
  • Page 30 : Toulouse, Élargir l’espace de notre tente
  • Page 31 : Korhogo, Comment avons-nous vécu l’année de la Miséricorde ?
  • Page 32 : La Pourraque, Un lieu pour accueillir
  • Page 33 : Créteil, Dans la dynamique du Synode diocésain création
  • Page 34 : Créer au jardin, Geneviève P.
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