Dans notre monde où sur tous les continents se pose la question des réfugiés, où les replis identitaires se font plus forts et où la peur liée au terrorisme, l’angoisse d’un avenir économique incertain sont plus prégnantes, il nous a semblé important dans ce nouveau numéro de Dialogue de revisiter le sens de l’hospitalité. Elle est, selon le pape François, « la capacité de reconnaître notre humanité commune dans le visage de l’«autre» ».

L’hospitalité s’ouvre devant nous comme « une route sans frontières » qui fait aller les uns vers les autres dans une réciprocité qui donne à la fois de donner et recevoir.

Comme il est heureux que le terme hôte s’entende dans les deux sens, de don et de réception, tel un chemin d’accueil mutuel. Cela permet de sortir de toute logique de surplomb, de condescendance pour se retrouver dépendants les uns des autres, dans le besoin de cette altérité qui nous donne d’être ce que nous sommes. Lorsque nous allons ainsi les uns vers les autres, nous allons d’un même pas vers ce Dieu qui ne cesse de nous visiter : « Je me tiens à la porte et je frappe » Ap. 3,21.

Vivre l’hospitalité c’est se laisser accueillir par Dieu, c’est l’accueillir aussi dans le visage de l’autre. « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. » He. 13, 2. Ces « visites de Dieu » ouvrent à une fraternité plus large et l’expérience spirituelle qui nous est donné de vivre peut prendre forme au quotidien de nos vies.

Dans nos familles ou nos communautés, accueillir l’imprévu qui nous pousse hors de nous-mêmes. Dans notre travail et particulièrement dans ce lieu originel de l’hospitalité qu’est l’hôpital, que la logique de productivité et de bonne gestion ne prenne pas le pas sur le prendre soin dans tous les sens du terme.

Dans nos sociétés, prendre au sérieux l’hospitalité, ce nouveau nom de la fraternité, en s’engageant d’une manière ou d’une autre en particulier dans l’accueil de réfugiés. « Personne n’est trop pauvre pour accueillir un étranger » nous rappelle la tradition en pays sara au Tchad. L’hospitalité serait-elle devenue du « vieux français » au point de fermer les frontières ?

Invitation nous est faite à garder mémoire d’avoir été un étranger, de consentir à cette étrangeté de soi et de l’autre. Invitation à demeurer une « maison ouverte », aux portes ouvertes, surtout « celles du cœur ».

Colette H.

Sommaire

Édito

  • Page 3 : Christine Danel supérieure générale

à la rencontre de

  • Page 5 : Le Chapitre

dossier : L’hospitalité

  • Page 9 : Présentation par Colette H
  • Page 10 : L’hospitalité, chemin d’accueil mutuel, Agata Z., xavière
  • Page 13 : L’hospitalité comme témoignage d’humanité, Noélie D., xavière
  • Page 14 : Les visites de Dieu, Philippe Charru, jésuite
  • Page 17 : L’hospitalité communautaire, Bénédicte R., xavière
  • Page 18 : Liberté-égalité-hospitalité, Colette H., xavière
  • Page 20 : L’hôpital, lieu d’hospitalité ?, Anne B., xavière
  • Page 21 : Welcome ! Bienvenue !, Geneviève P., xavière
  • Page 22 : La vie spirituelle comme accueil de Dieu – Dieu, l’hôte de mon coeur, Claire M., xavière
  • Page 24 : Une maison ouverte, Marie-Hélène D., xavière

sources

  • Page 25 : Chercher et trouver Dieu en toutes choses, Annette C., xavière

nouvelles des communautés

  • Page 28 : Vanves, L’accueil tous azimuts
  • Page 29 : Toronto, Dix ans de présence et toujours en apprentissage
  • Page 30 : Paris Reuilly, La communauté ‘agrandit
  • Page 31 : La Rochelle, Au coeur d’un quartier populaire et multiculturel
  • Page 32 : Paris T33, Élargir l’espace de sa tente
  • Page 33 : N’Djamena, Le sens d’une présence

création

  • Page 34 : L’art d’interpréter, Agnès B., xavière
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