Début novembre, plusieurs d’entre nous, venues de Paris et d’Ile-de-France, sont allées visiter « Le Campus de la Transition » qui est un lieu de recherche et de formation à Forges, en Seine-et-Marne. Lydie nous le présente.

Créé par Cécile Renouard, religieuse de l’Assomption, professeure aux Mines et à l’ESSEC, il s’adresse à des étudiants en études supérieures et à des professionnels. Ce campus veut les aider à penser les changements nécessaires en vue de la transition écologique et sociale.

Afin de mettre en pratique la recherche-action qui sera enseignée sur le Campus, le domaine dispose d’un bois pour se promener, de vergers, d’un potager en permaculture, d’ateliers pour travailler le bois, etc.

L’histoire a commencé voici près d’un an et demi. C’est un lieu non confessionnel, qui tend à compléter l’enseignement des grandes écoles, où les questions écologiques et sociales ne sont pas prises en compte ou même sont contredites par des professeurs partisans de la finance de marché, « où la logique de l’homo economicus avec des besoins infinis, celle du capitalisme mondialisé, reste très prégnante, et où les disciplines se mélangent peu », explique Cécile.

Le campus de la transition ne propose pas seulement une formation, c’est aussi un lieu de vie. Cette année, neuf personnes permanentes résident sur place et mènent une vie communautaire. Cette communauté réfléchit aux options à prendre pour rendre le lieu viable, par exemple, équiper les pièces en meubles, effectuer des travaux d’isolation, faire une option pour le chauffage…

Cette communauté s’élargit en accueillant des volontaires qui passent de quelques jours à un ou deux mois, ainsi que des étudiants ou des professionnels qui viennent pour suivre des modules de formation. Les premiers étudiants sont arrivés au printemps 2019. Depuis, dans un esprit qui tient plus du camp scout que du stage d’études, le Campus de la transition reçoit des jeunes envoyés par leurs écoles (cette année, Sciences Po, l’IEP de Lille ou l’ESSEC), ou qui s’inscrivent individuellement. Son programme-phare, le « T Camp », lancé avec le mouvement Colibris, dure deux mois en résidence.

Lors de ces séjours, les étudiants sont invités à mettre la main à la pâte : l’après-midi, ils apprennent à isoler des murs, cultiver des légumes, réparer des objets. Le ménage et la cuisine sont faits collectivement. Ainsi, la pédagogie du Campus intègre-t-elle l’apprentissage par la tête, le cœur et les mains.

Ce campus original a gagné, en quelques mois, une certaine importance, notamment grâce à un comité scientifique de chercheurs associés appartenant au CNRS, à Paris I, à l’université de Lausanne, à Paris-Dauphine.

Si son modèle économique est encore précaire, ses méthodes de formation semblent déjà bien ancrées. Il s’agit d’abord de développer un esprit critique sur le monde tel qu’il va, en suivant des cours sur le climat, l’éthique, la justice sociale, en décloisonnant les disciplines.

Le Campus tente également de tisser des liens avec les habitants des environs, car le problème des grandes écoles, selon Cécile, « est de former des gens hors sol, qui perçoivent peu les enjeux liés aux territoires, et à l’impact social des activités ».

Cette visite nous a ouvertes sur un chantier hardi et prometteur. Xavier de Benazé, un jésuite qui y effectue sa régence, nous a montré l’intérêt de ce projet en nous commentant chaque lieu. Au cours du déjeuner, nous avons eu de bons échanges avec les personnes présentes.

Pareille initiative nous invite à chercher à notre tour ce que nous pouvons inventer pour promouvoir la transition écologique et sociale, comme nous le demande le pape François.

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