Entrons dans le temps de l’Avent avec cette œuvre de Pauline Juéry intitulée « La route ».
Par Geneviève Roux, xavière
Je regarde l’image
Bleu, rouge, orangé et blanc… Ce sont d’abord les couleurs qui m’attirent, puis la diagonale qui traverse la composition du haut à gauche au bas à droite en un mouvement descendant. Une route qui entraine vers la droite, symbole de l’avenir dans notre culture occidentale.
Quatre femmes noires avancent sur cette route (une cinquième est presque sortie de l’image). Leurs pieds s’appuient fermement sur le sol. Trois sont tête nue, la quatrième est coiffée d’un léger foulard. Elles portent de longues robes bleu sombre rehaussées de bandes colorées : la tunique de la première femme est brodée de petites fleurs blanches. Sur ces robes elles ont jeté un manteau pourpre ou orangé. Des anneaux bleus ornent leurs oreilles. Leurs silhouettes se détachent sur un fond blanc ou bleu outremer dont les contours sont acérés et menaçants.
Elles marchent, droites et dignes, leurs visages sont graves : quel avenir les attend ?
Dans le coin gauche, à peine visible, une sixième femme tout de bleu vêtue, semble prendre un chemin opposé.
L’artiste a choisi d’appliquer la technique du collage, initiée par Picasso : papiers déchirés qui peuvent apporter leurs motifs comme ici en bas à gauche. Le ciel et les silhouettes sont fait de papiers déchirés, d’où le léger flou des contours. Puis l’artiste a peint des yeux, des pieds, des fleurs et aussi modelé les visages.
Je médite
Je me laisse toucher par ce tableau. Je regarde de plus près les visages : l’une des femmes regarde le sol, sa voisine nous dévisage, celle du milieu scrute le chemin devant elle et sa compagne semble plongée dans une profonde méditation. Qui sont-elles ? Où vont-elles ?
Elles m’évoquent les images d’actualités du Soudan, l’exode de tant de femmes jetées sur les routes par la violence des chefs de guerre et de leurs mercenaires. Et avec elles, voici toutes les victimes des guerres sans merci.
Les psaumes sont remplis de leurs cris : « Ils ont versé le sang comme l’eau. » dit le psaume 78. C’est encore aujourd’hui une réalité quotidienne. J’entends le cri de tous les opprimés.
Dans le climat d’inquiétude de ce début d’Avent qu’est-ce qui me met en marche et m’invite à veiller dans l’espérance ?
La parole du prophète Isaïe dans la première lecture de ce dimanche de l’Avent (année A) m’interpelle : « Le Seigneur sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur. »
Utopie ou promesse qui ouvre un avenir ? J’entends cela comme un appel à travailler là où je suis pour la paix !
Je prie
Seigneur, je crois que tu es le Prince de la Paix et que tu ouvres un chemin de lumière dans les ténèbres du monde. J’entends l’invitation de la lettre de saint Paul lue en ce premier dimanche de l’Avent :
« C’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. »
Seigneur, mets en mes mains ces « armes de lumière ». Fais de moi un témoin de l’espérance dans le quotidien de mes jours.