Jésus ressuscite Lazare

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Quelques jours avant sa Pâque, Jésus ressuscite son ami Lazare. Contemplons cette scène d’évangile avec ce tableau de Maurice Denis, commenté par Geneviève Roux.

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La résurrection de Lazare – Maurice Denis – 1919 – Collection privée

Je regarde l’image

Au premier regard, je suis frappée par l’audace des couleurs : violets profonds, bruns rougeâtres, ocres chauds, bleus turquoise, verts sombres… et au centre du tableau., l’éclat presqu’aveuglant du blanc.

La scène se déroule au fond d’une carrière de pierres – Maurice Denis a choisi pour cadre de la résurrection de Lazare les carrières de granit rose de Ploumanac’h, en Bretagne.

Quatre groupes de personnages guident notre regard vers un même lieu : la porte ouverte d’un tombeau dans la partie droite du tableau. Dans l’embrasure, une forme humaine bleutée enroulée dans des bandelettes, se tient debout. Lui faisant face, un homme en grande tunique blanche la regarde intensément. Sa main gauche est levée dans sa direction, comme on rappelle quelqu’un de loin ; sa droite est crispée dans la tension. Derrière lui, une femme, enveloppée d’un long manteau noir, essaye de le retenir en agrippant son bras. Elle aussi regarde vers le tombeau tout en soutenant de sa main gauche une autre femme qui crie vers le ciel.

Je suis « à niveau », témoin direct de cette scène. Et j’entends Jésus crier d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Je vois sortir Lazare lié par les bandelettes et j’entends Jésus qui ordonne à ses proches de le délier et de le laisser aller.

Je suis saisie par la force de l’instant, touchée par le bouleversement de Marthe et la douleur de Marie.

Dans l’ombre de la porte, un homme au torse nu appuyé sur sa bêche regarde la scène avec stupeur.

De l’autre côté du tombeau, quatre personnages tournent leur attention vers l’homme en blanc. Pour ne pas tomber en se penchant, l’un d’eux s’appuie sur le tronc d’un arbre. À ses côtés, trois femmes agenouillées attendent, suspendues à l’instant. Au premier plan, la femme en blouse verte pose un genou à terre : une main levée, l’autre sur la bouche, elle retient son souffle. Les deux autres, mains jointes, témoignent d’une attention intense.

Sur la gauche une procession vient d’arrêter sa marche. Les deux personnages les plus proches joignent les mains pour une prière. Tout en haut sur la falaise deux femmes, un enfant et quatre jeunes hommes regardent la scène en surplomb. Sur la droite, deux petites silhouettes dévalent une pente en courant. Deux maisons bretonnes découpent leur pignon sur un ciel pâle. En bas à gauche quelques fleurs roses et mauves, symbole de résurrection.

Je médite

Lorsque Maurice Denis peint ce tableau il vient de perdre Marthe, sa femme, la mère de leurs six enfants. Il est dans une grande douleur. De ce tableau il dira : « Combien j’y ai mis de ma peine et de mes espérances ». C’est le tableau d’un croyant qui se heurte de plein fouet au mystère de la mort et qui garde sa foi au cœur de la détresse. Ce Jésus, situé au centre du tableau, vêtu d’un blanc qu’une ombre bleutée menace, est vraiment la lumière du monde comme le proclame saint Jean (Jn 9, 1).

Dans cette œuvre Denis fait se rencontrer deux temps : celui du Jésus des Évangiles et le nôtre. Les trois groupes qui entourent la résurrection de Lazare nous donnent à voir des attitudes de croyants. Celui de droite est fait de ceux qui contemplent le Christ et deviennent ses disciples. A gauche viennent les pèlerins de toutes les routes qui avancent malgré les épreuves et les incertitudes. Sur la falaise, ceux qui restent plus loin, mais qui peut être un jour tenteront la rencontre.

Je prie

Je relis le texte de Jean et je suis attentive aux sentiments de Jésus : il est saisi d’émotion, bouleversé, il pleure, il pleure de la souffrance de ses amies endeuillées, de leur sidération devant la mort de leur frère. Et en même temps il rend grâces à son Père qui l’exauce toujours.

Seigneur, donne-moi de me tenir avec toi dans cette confiance. « Si je traverse le ravin de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec-moi ton bâton me guide et me rassure. » Ps 22, 4

Évangile de la résurrection de Lazare (Jn 11, 32-46)

Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait.

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