Méditations des dimanches d’octobre

Ce mois-ci, les évangiles des dimanches nous invitent à faire des choix : quel style de  Royaume souhaitons-nous construire et faire croître ?…

Dimanche 4 octobre – Il louera la vigne à d’autres vignerons

27ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 21, 33-43

En priant à partir de ce texte m’est venue la comparaison avec le premier livre de la Genèse : Dieu crée puis confie à l’homme, créé lui aussi, le soin de sa création. Nous avons ici le même mouvement : Le maître « planta une vigne, l’entoura d’une clôture… Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. » Je suis émerveillée devant l’immense confiance de Dieu vis-à-vis de sa Créature : Il en fait un être responsable, c’est-à-dire qui doit répondre devant lui de la tâche confiée, mais entièrement libre de répondre ou non à cette confiance. L’être humain n’est pas un jouet entre les mains de Dieu, il est invité à répondre de ses actes, en toute liberté, à Celui qui se fait discret !

Un deuxième point me réjouit : Dieu est constant, persévérant, toujours prêt à recommencer avec sa créature ingrate et pécheresse pour lui faire porter le fruit qu’Il attend d’elle : trouver vie et joie dans le Royaume de Dieu. De quoi continuer à espérer dans notre monde en souffrance, et en nous-mêmes parfois bien déboussolés : l’Amour de Dieu ne se lasse jamais !

Dimanche 11 octobre – Invités à la noce

28ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 22, 1-4

Le repas de noce est prêt. J’y suis invité(e) non pas demain, dans trois mois ou dans l’éternité, mais aujourd’hui même. Ce banquet, c’est chaque occasion d’entrer dans la joie de l’Alliance, dans la relation intime entre le Père et le Fils : l’Eucharistie bien sûr, mais aussi un temps de prière, une rencontre inattendue, un moment privilégié avec un proche, ces petites occasions qui ont goût de résurrection.

Quel invité(e) suis-je ? Celui qui n’a pas envie de venir et qui préfère continuer ses activités plutôt de participer à la fête ? Ou bien celui qui est là sans y être vraiment, comme à contre-cœur, avec sa tenue négligée ? J’espère au moins ne pas être celui qui maltraite le facteur venu apporter le faire-part !

Dans la parabole, la colère du roi est terrible. Dans la vraie vie, refuser d’être de la noce me coupe tout simplement de la joie qui m’est offerte, alors qu’il suffirait d’avoir le désir de la rencontre et de me préparer le cœur pour être rassasié(e) au banquet du Royaume.

Dimanche 18 octobre – Rendez à Dieu ce qui est à Dieu !

29ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 22, 15-21

Matthieu rapporte une série de controverses entre Jésus et les Pharisiens. La question du tribut à César souligne l’opposition entre eux. La conduite des Pharisiens vise à tendre des pièges, ils sont hypocrites et pervers, tandis que Jésus est vrai dans ses paroles comme dans ses actes. L’opposition est frontale et se manifeste dans une question lapidaire qui a pour but de piéger Jésus : « est-il permis de payer l’impôt à César, oui ou non ? »

Dans sa sagesse habile et pragmatique, Jésus déplace le problème par une question sur la pièce : « de qui est l’effigie ? », et conclut par une sentence : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Il affirme par là que César n’est pas un Dieu et que Dieu n’est pas un César.

Il reprend un point fondamental de la foi juive : si la monnaie impériale porte l’effigie de César, l’essentiel est de croire que l’homme est « l’image de Dieu » (Gn 1,27). C’est ce qui doit guider le comportement du croyant au temps des premiers chrétiens comme aujourd’hui.

Dimanche 25 octobre – Le grand commandement

30ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 22, 34-40

Les deux premiers versets de cette péricope nous donnent la tonalité du contexte : Jésus étonne, dérange, questionne. Alors un spécialiste lui pose une question, non pour discuter avec lui et avancer ensemble sur un meilleur chemin de compréhension de la Loi, mais pour le mettre à l’épreuve. Il n’y a donc pas vraiment d’ouverture. La question est pourtant un grand classique : parmi les 613 commandements contenus dans la Loi, quel est hiérarchiquement le plus grand ?

Cette question permet à Jésus de proposer à son et ses interlocuteurs un chemin. Il donne tout d’abord la « bonne » réponse en citant le Deutéronome (6, 5) auquel il adjoint un extrait du Lévitique (19, 18c). En unissant ainsi l’amour de Dieu et l’amour du prochain comme soi-même, Jésus confirme ce qu’il a toujours fait et dit ; il rejette toute idée de hiérarchie entre Dieu et le prochain. C’est aussi ce qu’il est : pleinement Dieu et pleinement homme. C’est aussi ce que nous sommes appelés à devenir et à faire devenir en ceux et celles qui nous rencontrent.

Que le Seigneur nous donne aujourd’hui et demain d’aimer davantage selon sa parole et de vivre en communion avec son Père et en solidarité avec nos frères et sœurs.

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