Ce mois-ci, les évangiles des dimanches nous invitent à la confiance : le peu que nous pouvons offrir, Jésus le bénit et le multiplie ; lui-même nous rejoint au milieu des tempêtes que nous traversons et il se laisse toucher de multiples manières par nos déterminations et les expressions, parfois si fragiles, de notre foi…
Dimanche 2 août – Seulement 5 pains et 2 poissons…
18ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 14, 13-21
Jésus se retire, mais la foule le rejoint. Il ne se ferme pas : il accueille, il guérit, il nourrit. Cinq pains, deux poissons… si peu, et pourtant assez pour tous. Aujourd’hui, nous aussi nous voyons nos ressources limitées : temps, énergie, argent, espérance.
Nous pensons que ce n’est pas suffisant pour répondre aux besoins immenses autour de nous. Mais l’Évangile nous rappelle que le miracle commence quand nous offrons ce que nous avons, même minime, avec confiance. Dans les mains du Christ, le peu devient abondance, la fatigue se transforme en compassion, la peur en partage.
La multiplication n’est pas seulement un fait ancien : elle se réalise chaque fois que nous choisissons de donner plutôt que de garder, de croire plutôt que de calculer.
Demandons au Seigneur la grâce d’entrer chaque jour dans Son mouvement de compassion, afin que nos gestes simples deviennent source de vie et de fraternité pour le monde.
Dimanche 9 août – Confiance, c’est moi !
19ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 14, 13-21
« Confiance, c’est moi n’ayez plus peur ! » Au cœur de la nuit, ce mot est adressé par Jésus à ceux qui ne le reconnaissent pas, le prennent pour un fantôme ! Pierre, l’impulsif, demande un signe pour croire, et plein de bravoure, n’hésite pas à sortir de la barque à l’appel de Jésus. C’était sans compter avec sa faiblesse, qui lui rappelle bien vite sa condition ordinaire : marcher sur l’eau, même sur la parole de Jésus, comporte un risque vital avéré !! De la peur du fantôme à un sentiment de toute puissance, le voilà maintenant en train de se noyer… Le cri qu’il pousse alors est un cri de détresse, mais aussi de confiance envers Jésus : « Seigneur, sauve-moi ! ». Cette expérience le conduit, et ses compagnons avec lui, à la reconnaissance de Jésus comme Fils de Dieu.
Comme Dieu à l’Horeb se fit connaître à Élie non dans la force et la puissance, mais dans le murmure d’une brise légère, Jésus loin de tout geste d’éclat, se révèle à travers nos nuits, nos rêves de grandeur ou nos détresses, comme celui qui n’hésite pas à tendre la main pour nous arracher à la mort, comme l’ami fidèle qui ira jusqu’à donner sa vie pour nous, si faibles et fragiles que nous puissions être.
Dimanche 16 août – Grande est ta foi !
20ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 15, 21-28
Comment ne pas s’émerveiller du désir de cette cananéenne et s’étonner de la résistance de Jésus ! Une demande qui n’est pas attendue de la part d’une femme en territoire païen. Une résistance toute aussi inattendue de la part de Jésus qu’elle appelle « Seigneur, fils de David ». Est ainsi révélée l’identité de Jésus, le messie attendu par le peuple juif.
Le désir de rencontre de la femme se heurte au silence de Jésus, à la fermeture des disciples. Et pourtant ! elle insiste pour sa fille tourmentée d’un démon. « Seigneur, viens à mon secours ! » Elle exprime alors sa foi en Jésus sauveur.
En forçant l’écoute de Jésus elle initie un dialogue. Sa détermination, sa confiance en Jésus, créent une nouveauté. Jésus, par cette rencontre en territoire païen, dévoile un aspect de sa mission. Il est envoyé non seulement aux brebis perdues d’Israël mais à tous les enfants de Dieu dispersés qu’il conduit au Père, à toutes les nations auxquelles sont ouvertes les portes de la foi !
Celle que le Seigneur appelle « femme » nous montre le chemin de la foi en Christ. Demander avec insistance ce que nous désirons au plus profond de notre vie. Le demander dans un dialogue de foi avec Lui.
Dimanche 23 août – Je te donnerai les clés du Royaume des cieux
21ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 16, 13-20
Que Jésus confie les clés du Royaume des cieux à un homme n’est pas anodin. On sait que quelqu’un qui possède LA clé unique d’une structure peut vite faire sentir son pouvoir !
Qui dit clés dit porte, et aussi gardien… Pour ouvrir à celui qui frappe, le gardien devra reconnaître celui qui se présente.
En confiant les clés à Pierre, Jésus lui confie le rôle de reconnaître ceux qui frappent à la porte du Royaume. Celui qui désire entrer est-il un familier, vit-il déjà ce mode très particulier de relation que les Béatitudes proposent comme charte de vie du Royaume ?
Pour ne pas se tromper, Pierre ne devra pas compter sur son seul discernement. Un indice – une clé ! – est donné dans ce passage : être réceptif à la voix du Père. Une autre clé dans le passage qui suit : garder sa place de disciple, derrière le maître. Une troisième clé après la résurrection : assumer son amour du Christ dans une humilité qui fait droit à l’échec – pour soi, et donc aussi pour les autres.
Si Pierre a des clés en main, elles sont donc pour nous et non contre nous, fruit d’un apprentissage patient auprès du Maître qui dit de lui-même qu’il est la Porte ouvrant sur un pâturage ! (Cf. Jn 10)
Dimanche 30 août – Passe derrière moi !
22ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 16, 21-27
Ce passage de l’Évangile de Matthieu se situe juste après la confession de foi de Césarée où Pierre a reconnu en Jésus « le Christ, fils du Dieu vivant ». Et pour Pierre ce qui suit l’annonce de la passion est incompatible avec cette profession de foi. Comment le Christ, le fils de Dieu, peut-il souffrir ?
Et pourtant c’est bien la meilleure preuve de l’Incarnation. Personne n’échappe à la souffrance et Jésus dans son amour pour nous acceptera de passer par là. La proposition de Pierre est pour lui une tentation à laquelle il refuse de succomber. C’est pourquoi sa réaction est violente. Jésus ne vit qu’en fidélité à son Père et ne veut pas tendre une oreille complaisante au malin qui passe à travers les paroles de Pierre.
Combien de fois cela peut-il nous arriver, voulant prodiguer des paroles de consolation d’une manière non ajustée, nous empêchons l’autre de vivre l’épreuve qu’il traverse ? Or, suivre Jésus c’est prendre sa croix, celle qui nous vient sans la chercher, et mettre nos pas dans les siens, dans l’amour qui se livre jusqu’au bout quel qu’en soit le prix.