Alors que nous nous acheminons vers la fin de l’année liturgique, les évangiles des dimanches nous orientent vers l’entrée dans le Royaume et la rencontre de l’Époux. Autant à espérer qu’à vivre dès aujourd’hui !
Dimanche 1er novembre – Heureux !
Fête de Tous les Saints, année A – Mt 5,1-12a
« Heureux » ! Comment entendre ce mot aujourd’hui ? Jésus nous promet-il l’irréalisable ?
Pour le comprendre, Matthieu nous donne une piste : il place les Béatitudes au début du ministère de Jésus, comme un prélude à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Dès lors, ce mot n’est plus seulement à entendre comme une promesse ; il devient le fondement qui nous met en route : « Heureux qui a mis son espoir en le Seigneur son Dieu » (Ps 145,5).
Cette béatitude, le Christ est le premier à la vivre : sa mission s’enracine dans la joie d’aller au nom du Père. Ainsi, par les Béatitudes, nous entrons dans l’intimité du Fils, en communion avec lui, le pauvre, le doux, le miséricordieux, l’affligé, qui donne sa vie tout entière par amour. Telle est sa joie !
Et cette joie est au commencement, non à la fin. Promesse déjà acquise, elle ne se conquiert pas à la force du poignet : elle se reçoit comme un don et demande à jaillir, afin d’être partagée. Demandons la grâce de cette joie, car « c’est cette joie au plus intime de notre cœur qui sera le plus irrécusable témoignage au Dieu vivant » (Maurice Zundel).
Dimanche 8 novembre – Sortez à la rencontre de l’Époux !
32ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 25, 1-13
Dix jeunes filles attendent l’époux, lampes en main. Comme il tarde, toutes s’assoupissent, les prévoyantes comme les insouciantes. La parabole ne reproche à personne la fatigue ni la longueur de l’attente, et cela me console. Le Seigneur connaît nos nuits, nos lassitudes, ces heures où l’espérance semble s’endormir.
Ce qui fait la différence, c’est l’huile. Il ne suffit pas d’avoir la lampe en main, il faut qu’il y ait de l’huile dans cette lampe. Je la reçois comme le fruit discret d’une fidélité quotidienne dans la relation avec le Seigneur : quelques minutes de prière, l’examen du soir où je relis ma journée pour y reconnaître le passage de Dieu, un geste gratuit envers un proche. Rien de spectaculaire. Cette huile ne s’emprunte pas : personne ne peut prier à ma place, ni désirer à ma place la rencontre.
Au milieu de la nuit, un cri retentit : Voici l’Époux ! Il ne vient pas d’abord pour juger, mais pour faire entrer dans la joie des noces. Que ma lampe, même vacillante, soit allumée lorsqu’il passera.
Dimanche 15 novembre – Entre dans la joie de ton maître !
33ème dimanche du Temps Ordinaire, année A – Mt 25, 14-30
Cette parabole des talents se situe à la fin de l’Évangile de Matthieu, juste avant la Passion. Jésus énonce plusieurs paraboles qui touchent à la fin des temps et au Royaume. Celle-ci met en œuvre un homme qui confie ses biens à ses serviteurs puis part en voyage. Comment ne pas voir dans cet homme une image de Dieu créateur qui confie à l’homme sa création, qui s’en retire discrètement pour laisser toute sa liberté à l’homme, mais toutefois sans l’abandonner ?
Nous pouvons nous interroger sur la manière dont aujourd’hui nous gérons ce magnifique cadeau que nous avons reçu. Sommes-nous comme celui qui fait valoir ses talents ? Comment contribuons-nous au respect et au développement de la création en vue d’un partage des richesses de manière équitable ?
Ou bien, comme celui qui a peur, pratiquons-nous la politique de l’autruche devant les impasses où nous nous trouvons ? Au jour du jugement pourrons-nous entendre : « Viens te réjouir avec ton maître, entre dans la vie éternelle et sois dans la surabondance » ?
Dimanche 22 novembre – Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?
Le Christ, Roi de l’univers – Mt 25, 31-46
Pouvons-nous reprendre pour nous-même l’étonnement de celui qui se met au service de la fraternité en prenant soin des pauvres et des petits et entendre Jésus dévoiler sa présence en ceux dont nous croisons le chemin au quotidien ? Le pauvre, l’étranger, le prisonnier, mis de côté par la société, sont ceux-là mêmes que le Seigneur choisit pour se donner à connaître.
La fête du Christ Roi s’offre comme un temps de grâce, pour reconnaître dans le frère le plus vulnérable la présence du Seigneur Jésus. Le temps de nos existences est le moment favorable pour ouvrir nos cœurs et reconnaitre le Seigneur dans celui qui a faim, qui a soif, qui est nu, malade, en prison. Jésus Christ, roi-berger de l’humanité, inaugure le Royaume tout au long de sa mission au milieu des hommes.
Saurons-nous entendre son appel à vivre à sa manière, à aimer comme lui ? à recevoir la grâce de sa miséricorde pour les rencontres manquées avec les plus pauvres que le Seigneur chérit particulièrement ?