Au revoir Marie-Thérèse !

Marie-Thérèse Desouche était une xavière bien connue, en particulier à Toulouse où elle a enseigné la théologie et encadré les travaux de nombreux étudiants pendant plus de vingt ans. Elle est décédée dans la nuit du 4 août 2026 à Paris.

Marie-Thérèse est née le 5 octobre 1945 à Belley, dans l’Ain dans une famille chrétienne. Enfant, elle aime la liturgie, notamment celle de Noël. Adolescente, membre du mouvement eucharistique des jeunes (MEJ), elle rêve d’annoncer l’Évangile et de parcourir les routes à la suite de saint François Xavier.

Après des études de physique-chimie et de sociologie, elle enseigne pendant quelques temps la physique-chimie, dont une année en Afrique. Elle entre à La Xavière le 27 septembre 1974, fait son postulat à Saint-Etienne, puis son noviciat à Paris. Elle prononce ses premiers vœux le 11 septembre 1977 à Paris et part à Marseille participer à la recherche en vue de la création d’un lieu d’accueil au centre-ville. Expérience ecclésiale assez douloureuse qui laissera des traces en elle.

Dès 1982, elle entreprend des études de théologie à l’Institut catholique de Paris qui la passionnent. Douée d’une belle intelligence, elle obtient brillamment licence et maîtrise.

Elle prononce ses vœux définitifs le 2 décembre 1984 à Paris. A la suite d’une retraite de 30 jours selon les Exercices spirituels de saint Ignace, elle écrit dans la revue des xavières, Dialogue :

« Désormais tout est neuf. Blessée je le suis. Mais, aimée, je le suis d’abord. Aimée en tout ce que je suis, dans mes blessures comme dans mes échecs, choisie ainsi tout entière par Dieu, pour son service, sans que rien en moi et dans mon histoire ne soit méprisable. Et je découvre émerveillée que c’est là même le nœud de ma vocation, cette vocation de xavière de travailler à l’unité, qui commence au creux de moi, là où il me faut abandonner les cassures pour qu’elles soient réparées par l’amour même. »


En 1986, elle est envoyée dans la communauté à Toulouse où elle passera 25 ans de sa vie.
Elle enseigne à l’Institut catholique, d’abord à l’IERP (Institut d’études religieuses et pastorales) en faisant partie de l’équipe de direction, puis à la Faculté de théologie comme chargée d’enseignement. Durant les premières années, elle habite dans la communauté du Mirail, grand ensemble situé à 7 kms du centre de Toulouse. La vie n’y est pas facile : chômage, drogue, violence font partie de la vie quotidienne. Marie-Thérèse a parfois l’impression de faire le grand écart entre son lieu de vie au Mirail et sa pratique de la théologie. Comment faire vivre ensemble ces deux mondes, se demande-t-elle.

En 1991, une seconde communauté ouvre à Tournefeuille, dans la banlieue de Toulouse où Marie-Thérèse arrive dès sa création. Ce n’est plus un milieu populaire et multi-ethnique qui est rejoint mais le monde scientifique et technique. Lui sera-t-il plus facile de faire le lien entre sa vie intellectuelle et ce nouveau lieu d’habitation ? Pas sûr ! C’est alors qu’elle se lance dans des études de longue durée en entreprenant une thèse sur le pape Pie XI. Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que c’était le pape du temps de notre fondatrice Claire Monestès et qu’il a beaucoup marquée celle-ci. C’était l’époque où à La Xavière nous souhaitions approfondir le charisme de Claire et le resituer dans son contexte social, politique et ecclésial.

Marie-Thérèse continue à enseigner comme maître assistant, puis maitre de conférences et enfin professeur en théologie tout en rédigeant sa thèse. Ce qui prendra un certain temps ! Le nombre d’étudiants, dont de nombreux prêtres accompagnés en tutorat et formés par elle, ne se comptent plus sur les doigts. Beaucoup ont été marqués par son exigence et sa rigueur intellectuelle qui ne laissaient rien au hasard.

La soutenance de la thèse a lieu en 2005, et la publication en 2008 sous le titre : Le Christ dans l’histoire selon le pape Pie XI. Un prélude à Vatican II ? Mgr Claude Dagens, directeur de la thèse, en fait l’éloge dans la préface du livre : « Cette étude contribue à une véritable réévaluation de la figure d’Achille Dati devenu évêque de Rome en 1922 et mort en février 1939. […] Cette thèse sur la christologie des encycliques du pape de l’entre-deux guerres se présente comme une construction solide, dotée d’une architecture sans doute plus complexe que l’on ne pourrait l’imaginer ».

Marie-Thérèse prend sa retraite en 2011 et revient sur Paris pour être co-directrice de l’IFEC (Institut de formation du clergé) durant trois ans, puis elle devient responsable des archives de La Xavière, mettant en œuvre ses talents d’historienne. Elle a donné de nombreuses sessions aux novices et aux xavières en Troisième An pour les introduire à la spiritualité de Claire Monestès et à son Journal spirituel, toutes ses dernières années jusqu’à son entrée à la Maison Marie-Thérèse en mars dernier. Elle a aussi beaucoup donné à la CVX en étant assistante de région et accompagnatrice d’une équipe qu’elle aimait particulièrement, sans parler de la formation des diacres en Ile-de-France. Bref, une vie apostolique riche et bien remplie !

Repose en paix Marie-Thérèse, que le Seigneur t’accueille dans Sa Lumière !

Voir aussi

colette rivoire
Colette Rivoire, une vie au service de la personne
> Lire
edwige mobio
Du Châtelard à Korhogo : un chemin de conversion éco-spirituelle
> Lire
bernadette perriol
Au revoir Bernadette !
> Lire