Valérie a intégré depuis bientôt deux ans une entreprise de cent personnes pour définir et structurer sa démarche en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Ce travail dans l’industrie, lui offre de multiples occasions d’essayer de répondre aux appels du Pape François que l’on retrouve dans Laudato Si’ et dans Fratelli Tutti.
Ingénieure Arts et Métiers de formation, j’ai été envoyée en mission à la Rochelle pour m’insérer dans le monde de l’entreprise. La RSE était un domaine qui m’intéressait par ses forts enjeux humains et environnementaux.
Qu’est-ce que la RSE ?
La Responsabilité Sociétale des Entreprises, c’est la contribution au développement durable d’une entreprise qui se sent responsable des impacts de ses décisions et de ses activités sur les enjeux sociétaux, c’est-à-dire les enjeux environnementaux et sociaux. Elle repose donc sur les trois piliers suivants :
- la gouvernance, c’est-à-dire la manière dont l’entreprise prend des décisions, les communique et les met en œuvre
- l’environnement
- le social
Bien qu’elle concerne tout le monde au sein d’une structure, la RSE implique plus particulièrement deux fonctions supports de l’entreprise :
- La fonction Ressources Humaines (RH) qui gère le recrutement, l’intégration, la formation, le dialogue social et l’administration du personnel
- La fonction QSE qui veille à la Qualité de nos produits, la Sécurité des personnes et le respect de l’Environnement.
Le service RSE que je dirige regroupe ces deux fonctions.
Travailler à la cohérence éthique de l’agir de l’entreprise
Il s’agit donc pour moi, en tant que manager de ce service RSE, de définir et d’intégrer une vision éthique dans le management favorisant la sécurité, le respect et le développement des salariés, le respect de l’environnement et la mise en place de pratiques responsables et durables dans l’ensemble de l’entreprise et de ses relations en interne et en externe. C’est à dire dans toutes nos relations : avec nos fournisseurs, nos prestataires, nos clients, notre actionnaire, nos partenaires sociaux, nos collaborateurs, nos voisins industriels, les écoles de notre territoire, etc.
Dans Laudato Si’, François nous appelle à une « conversion écologique » et à une prise de conscience collective des changements à opérer dans notre rapport à l’environnement. C’est ce que je m’efforce de faire au quotidien ainsi que de réduire notre impact sur notre maison commune en :
- suivant notre consommation d’énergie par poste énergivore pour détecter d’éventuelles pertes énergétiques
- favorisant des investissements industriels et structurels pour réduire notre consommation énergétique et diminuer notre empreinte carbone (par exemple, comme remplacer les ouvertures actuelles par des fenêtres thermiquement plus efficaces).
Attention qualitative à toutes les relations dans l’entreprise
Cela passe aussi par de plus petits projets comme celui de confier à une entreprise locale d’insertion la réalisation de tables de pique-nique à partir de nos déchets de palettes. Tables que nous avons installées dans le parc de notre voisin industriel pour créer un espace mutualisé entre entreprises voisines où déjeuner ensemble à l’extérieur. Ce projet contribue, selon moi, à favoriser l’écologie intégrale, où le souci de la planète, des personnes, des relations se retrouvent mêlés et intégrés.
Dans Fratelli Tutti, François souligne l’importance de la fraternité et de l’amitié sociale. Il nous rappelle que le monde du travail ne peut pas se limiter à une logique de profit, mais doit être guidé par le souci des autres. J’essaie de mettre en pratique cette invitation lorsque je gère un recrutement, que j’accueille un nouveau collaborateur ou que j’écoute une personne pendant son entretien professionnel annuel.
Un recrutement inclusif qui laisse une chance à tous et toutes
Je recherche de nouvelles manières d’exercer notre métier de RH, de recruter, d’intégrer et de transmettre les savoirs. Par exemple, j’ai pu mettre en place des recrutements par simulation, avec le soutien de France Travail. Certains de nos métiers sont spécifiques, ils n’existent pas ailleurs et il n’y a pas de formation pour les apprendre. En revanche, ils demandent des habilités qui servent dans d’autres métiers. Le recrutement par simulation consiste à faire passer à des candidats, des exercices pour tester leurs habilités. Récemment, nous avons recruté une femme qui avait les habilités que nous recherchions, celle de savoir lire des plans de fabrication et la dextérité manuelle. Habilités qu’elle avait découvertes et développées dans une entreprise d’insertion qui confectionne des vêtements.
Le recrutement par simulation est ouvert à tous, et nous rencontrons uniquement les personnes ayant réussi les exercices, sans connaitre leur âge, leur genre, leur origine, leur CV. C’est une méthode à la fois efficace, inclusive et humaine, où chacun a une chance de montrer ce qu’il peut faire, ici et maintenant.
Quand la RSE et l’enseignement social de l’Église se rencontrent
Oui, ce métier, cette mission me permet de mettre en pratique les exhortations du Pape François chaque jour, le plus concrètement possible, aussi bien dans la protection de notre habitat commun que dans la fraternité. Je peux également y vivre pleinement ma vocation xavière, celle de rejoindre ceux qui sont loin de l’Église, celle de tisser des liens, d’essayer de vivre chaque rencontre comme une visitation et d’être une femme d’espérance.