Du 28 décembre 2025 au 1er janvier 2026, la 48e Rencontre Européenne de Taizé s’est déroulée à Paris et en Île-de-France. Des communautés xavières ont accueilli des volontaires en amont et des participants pendant les rencontres, et plusieurs xavières ont participé d’une façon ou d’une autre à cet événement. Voici des témoignages croisés.
De Naomi, jeune volontaire espagnole
Naomi a été accueillie de septembre à janvier dans la communauté de la rue Tournefort à Paris.
La Rencontre Européenne de Taizé a commencé le 28 décembre pour la plupart des jeunes du monde, mais pour certains d’entre nous, elle avait déjà commencé il y a plusieurs mois, lorsque nous sommes arrivés à Paris avec une grande équipe.
Ces mois de préparation ont été pour moi un grand temps d’apprentissage dans de nombreux aspects de ma vie, et m’ont permis de grandir. J’ai découvert de nouvelles manières de vivre, de croire et de prier, dans un entourage œcuménique et en communauté.
Au cours de ces mois, j’ai rencontré de nombreux défis, tout n’a pas toujours été facile. Mais dès mon arrivée à Paris, je m’étais dit que je voulais faire confiance et donner tout ce que je pouvais de moi en m’engageant pleinement dans cette aventure. Cette confiance m’a permis d’avancer, de surmonter les défis et de continuer avec joie.
Un autre aspect qui m’a beaucoup encouragée pendant ces mois a été la vie en communauté, non seulement avec l’équipe de Taizé, mais aussi dans la communauté des sœurs xavières. Elles ont été pour moi un soutien très spécial, par leurs sourires, leurs questions, leurs paroles et surtout par leur lumière. Dans la communauté, la rencontre avait elle aussi commencé il y a plusieurs mois, lorsqu’elles ont accepté de nous accueillir avec une grande confiance et beaucoup d’amour, sans même nous connaître. Alors je ne peux qu’être reconnaissante.
Naomi a témoigné sur KTO, retrouvez l’intégralité de l’émission ici.
De Gudrun, xavière à Créteil
La communauté des xavières de Créteil a accueilli trois jeunes pendant les Rencontres Européennes.
Accueillir la Rencontre européenne de Taizé en Ile-de-France était pour moi une joie et l’occasion de vivre avec des milliers de jeunes des temps de partage et de prière pour la paix, si fragilisée aujourd’hui.
Nous avions choisi de proposer les « 2m² par jeune » demandés par Taizé pour vivre cet accueil aussi chez nous, en plus des temps de prière à Bercy. Trois jeunes hommes qui ne se connaissaient pas avant ont atterri chez nous : Philipus, Indonésien vivant en Allemagne, Martin, Belge d’origine uruguayenne, et Aaron, Écossais. Cela nous a fait vivre un temps interculturel en présence de cinq nationalités différentes !
Quatre jours où, au fil des petits-déjeuners, des trajets et des prières partagés, nous avons vécu un partage sur notre foi, sur nos vies et une véritable fraternité où chacun prenait soin des autres. Au moment du départ, ces trois jeunes se sont tombés dans les bras en se disant au revoir, « brothers » and « sisters ».
De Marie, xavière à Toulouse
Marie a vécu la Rencontre Européenne dans l’équipe musique.
La rencontre de Taizé à Paris, ce furent pour moi plusieurs jours intenses en rencontres avec des jeunes de toute l’Europe et même au-delà, avec mon compagnon de route un peu encombrant, mais qui ouvre tellement de portes : le violoncelle !
Joie de partager notre foi dans le Christ et de prier ensemble pour la paix, de faire découvrir Paris à des participants belges ou ukrainiens, de jouer de la musique en dépassant nos barrières linguistiques. Il nous a été donné de fêter le passage à l’année 2026 sous le signe de la fraternité multiculturelle et de l’intériorité.
« Christ Jésus, dans ta vie sur la terre, tu n’as pas hésité à dénoncer l’injustice, mais tu as cherché à construire des ponts avec ceux que tu rencontrais sur ta route. Accrois en nous la soif de bâtir des passerelles à travers les séparations qui divisent les personnes et les peuples, afin que la justice fleurisse sur la terre. »
(Lettre de Fr. Matthew, prieur de la communauté de Taizé)
De Françoise, xavière à Toulouse
Françoise a participé à un atelier sur le discernement en commun.
J’ai été très touchée par ces jeunes, par la manière avec laquelle ils sont entrés dans l’atelier autour de la conversation dans l’Esprit, qui leur a permis de « s’écouter pour marcher ensemble ». Cet atelier était animé par l’ESDAC (Exercices Spirituels pour un Discernement en Commun). Nous avons parlé de s’écouter et de se parler en profondeur.
Ils étaient pour certains déjà travaillés de l’intérieur, avaient déjà goûté le silence lors des temps de prière. Plusieurs d’entre eux revenaient à la foi après avoir été écoutés et avoir pu nommer tout ce qui les gênait vis-à-vis de l’Église. La Parole de Dieu les a rejoints et leur a donné de prendre la parole sur leur propre vie. Certains ont découvert le silence, l’écoute de la Parole de Dieu proche d’eux, ont découvert la foi.
Une jeune me disait en partant : « Taizé gâte notre jeunesse, se faisant porteur d’une espérance que nous ne connaissons pas tous, et c’est une joie de partir en quête d’espérance. »
De Mireille, laïque associée à La Xavière
Sa paroisse à Meudon a accueilli de jeunes participants.
Parmi les plus de 10 000 jeunes Chrétiens attendus du 28 décembre au 1er janvier à Paris pour la Rencontre Européenne de Taizé, une soixantaine ont été accueillis dans des familles meudonnaises. Ces jeunes ont participé à la messe le 1er janvier à l’église Notre-Dame de l’Assomption.
J’ai été impressionnée et émue : ils suivaient la messe sans en comprendre la langue mais ils étaient très recueillis et chantaient avec enthousiasme les chants qu’ils avaient appris pendant la rencontre. Pour commencer l’année, c’était une formidable ouverture sur le monde. J’ai élargi l’espace de ma tente. À la sortie nous avons échangé des sourires qui venaient du fond du cœur.
De Juliette, xavière à Paris
Sa communauté, rue Tournefort, a accueilli deux jeunes volontaires pendant quatre mois puis trois pèlerins pendant la Rencontre.
Pendant la Rencontre elle-même, notre communauté s’est élargie à un accueil qui n’était plus seulement européen, mais plus large, en hébergeant trois jeunes Japonais. Deux d’entre eux venaient en France pour la première fois et n’étaient pas chrétiens, ils découvraient donc beaucoup de choses nouvelles en peu de temps ! Ils nous ont appris plusieurs mots de japonais et nous ont initiées à une danse japonaise traditionnelle, la très dynamique danse du pêcheur !
« Dans notre communauté, nous avons vécu la Rencontre Européenne avec un peu d’avance, avec la joie d’accueillir chez nous Naomi et Gema, deux jeunes volontaires espagnoles qui se sont mises depuis septembre au service de l’événement. C’était une joie d’échanger avec elles et d’avoir par elles des échos de la façon dont les paroisses se mobilisaient et dont les diocèses franciliens se préparaient à ouvrir largement leurs portes !
J’ai également rencontré des jeunes d’autres nationalités en animant des ateliers, sur la façon de faire des choix et sur l’espérance, et j’ai été très marquée par la soif spirituelle des jeunes présents, par leur recherche de sens, et par leur confiance les uns dans les autres, qui permettaient des partages riches et profonds.
Lors de la prière finale à Bercy, le 31 décembre, j’a été profondément marquée par le silence recueilli qui a régné un long moment dans cette salle qui accueille ordinairement des concerts et des événements sportifs ! Oui, cette jeune génération, à rebours de ce que l’on peut lire ou entendre, est capable de silence et de recueillement, et même en a soif !