A la découverte de la Catalogne

Pour fêter leurs 80 ans, sept xavières ont décidé de faire un pèlerinage ensemble sur les routes de la Catalogne : de Barcelone à Manrèse, elles se sont laissé toucher par les édifices, les paysages, et aussi « les foules aux attentes diverses ».

Annette, Danièle, Geneviève, Dominique, Emmanuèle, Bernadette et Marie-Christine racontent quelque chose de leur périple.

Ces cinq jours ont été rythmés par un partage le soir entre nous, chacune évoquant les points forts de ces cinq dernières années, partage précédé de l’office du soir. Annette nous dit : c’est le meilleur de ce que je garde ; rien de spectaculaire mais le goût « des liens si forts que le Christ seul a créés ».

Barcelone et Gaudi

Les deux premiers jours nous étions à Barcelone et avons visité l’œuvre de Gaudi, architecte, au service de la Gloire de Dieu et de son amour de la Création : la basilique de la Sagrada Familia. La journée a débuté par la messe en anglais à la crypte où se trouve le tombeau de Gaudi (1852-1926) puis nous avons pris longuement le temps d’observer l’extérieur de cet édifice, pas banal.

La Nativité, la Passion sont représentées sous forme de sculptures sur les façades : une véritable catéchèse pour le tout-venant. La façade de la nativité très riche réalisée par Gaudi est foisonnante de scènes avec des personnages très expressifs, le tout entouré de végétaux de toute sorte et d’animaux.

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La Visitation – Sagrada Familia
arc en ciel sagrada familia
« Arc en ciel » dans la Sagrada Familia

Celle de la Passion est beaucoup plus stylisée, réalisée par un autre architecte à partir des dessins faits par Gaudi.

La construction de la dernière façade, celle de la gloire est à peine commencée, les travaux étant réalisés en fonction des finances qui proviennent uniquement du public.

L’intérieur de cet édifice est impressionnant ! Bernadette le décrit : « une forêt ! très harmonieuse quant aux proportions avec des jeux de lumière qui rayonne des vitraux, l’invisible se rend visible ; la création est là toute ordonnée à la louange de Dieu. Un espace divin ! » Lumière qui saisit les regards, touche les cœurs et fait jaillir l’émerveillement.

Danièle nous partage ce qu’elle a vécu : « J’ai prié pour ces foules aux attentes diverses, que bien des personnes soient touchées par la grâce. » ainsi que Geneviève : « j’ai été saisie par la beauté de l’arc en ciel, signe de l’alliance entre Dieu et chaque créature, et comme le souhaitait Gaudi cet espace grandiose qui favorise pour chacun la rencontre avec plus grand que soi, quelles que soient ses convictions. »

Manresa


Le troisième jour nous prenons le train pour Manresa traversant de beaux paysages, invitant à la contemplation et au silence, après le bouillonnement de Barcelone, et arrivons chez les jésuites qui nous hébergent. Nous passons l’après-midi sur les pas d’Ignace.

La basilique de la Seu, là où Ignace priait tous les jours dans la chapelle d’Antoine le Grand, actuellement St Joseph. Là nous avons prié longuement pour La Xavière.

La chapelle De St Ignace malade, là où il fut soigné par les premières disciples femmes.

Le puits de la poule où Ignace redonna vie à la poule tombée dedans.

La chapelle de l’Extase, ancien hôpital de Ste Lucie où il séjourna, mangeant avec les pauvres et aidant à servir aux malades. C’est là qu’il est resté huit jours et huit nuits immobile au plancher de la chapelle, comme une extase ou un phénomène de catalepsie.

Le pont du Cardoner avec la croix au pied de laquelle Ignace eut des révélations.

pont du cardoner et croix
Le pont du Cardoner

Montserrat

Le quatrième jour nous partons pour Montserrat : montagne en dents de scie, magnifique, que l’on pouvait déjà contempler depuis la maison des jésuites. Nous participons à la messe en catalan puis passons devant la Vierge noire qui est à l’origine de ce monastère de bénédictins.

Dominique nous partage : « J’ai été très impressionnée par la foule de pèlerins, voulant s’incliner devant la vierge noire de Montserrat, portant Jésus. En les contemplant, je pensais à Ignace de Loyola, une certaine nuit de 1522, déposant à ses pieds son épée et son poignard. Dépouillé de sa « vaine gloire », le cœur « large et généreux », Ignace nous entraînait déjà, à la suite du « Bien aimé seigneur ». » Avant de repartir nous avons eu la chance d’entendre l’Escolania, célèbre chorale de Montserrat.


De retour à Manrèse, nous passons un long temps de prière silencieuse à la Santa Cova, lieu où séjourna Ignace y rédigeant les Exercices Spirituels. Temps très fort !

santa cova
La Santa Cova

Marie Christine nous confie : « j’ai encore le cœur rempli de nos échanges et de ce que nous avons vécu. J’ai été marquée par ces deux hommes : Gaudi à Barcelone, Ignace à Manresa touchés par la grâce et qui chacun à sa manière nous tracent un chemin vers Dieu ».

Emmanuèle en témoigne : « Le cœur encore tout brûlant. Temps gravé dans la mémoire. Nous sommes dans l’action de grâce. »

Le lendemain nous repartons pour la France, et toutes nous pouvons dire : « le cœur tout brûlant, nous avons vécu ensemble une expérience d’amies dans le Seigneur, simple, sobre presque sans nous en rendre compte sur le moment grâce à la bonne préparation de chaque étape et la bonne volonté de chacune de nous. Action de grâce. »

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