De nombreuses innovations technologiques transforment notre rapport au temps. Tout s’accélère, le temps devient discontinu et fragmenté… Comment habiter au mieux le temps qui nous est donné ? Tel est le thème de notre revue Dialogue de cette année.
Présentation du dossier
Par Anne-Marie Aitken
De nombreuses innovations technologiques : Internet, téléphones portables, réseaux sociaux, déplacements dans le monde, TGV, rapidité de l’information, IA… transforment notre rapport au temps depuis bien des années, avec des impacts individuels et collectifs. Nous sommes capables de faire de multiples choses au même moment et très vite. Tout s’accélère, le temps devient discontinu et fragmenté. Pour beaucoup d’entre nous et de nos contemporains, c’est un véritable défi.
Comment habiter au mieux le temps qui nous est donné ?
Il ne s’agit pas de regretter le passé, ni de nous lancer tête baissée dans toutes les innovations possibles, mais de trouver nos marques pour ordonner ce temps à ce que nous désirons vivre. Cela demande de faire des choix, de discerner ce qui nous permet de devenir plus humains, de ne pas passer à côté de l’essentiel. Rappelons-nous que le temps est un don qui nous est fait, entre naissance et mort, et non un dû. Nous n’avons pas vraiment pouvoir sur lui. Nous ne pouvons ni l’arrêter ni le prolonger. Il n’a pas la même densité aux différentes périodes de nos vies. Dans la jeunesse, nous sommes tentés de le gérer au mieux au risque d’entrer dans la maîtrise et parfois le découragement ou la surcharge. Quand vient le temps de la vieillesse ou de la maladie, nous prenons conscience de notre fragilité et de notre impuissance. Le temps qui est derrière nous s’allonge et celui qui est devant se rétrécit.
Comment habiter au mieux le temps qui nous est donné ? C’est la question que nous nous sommes posée en préparant ce numéro de Dialogue. Les expériences rapportées ici ne sont pas définitives, elles se présentent plutôt comme une ouverture au cœur de circonstances diverses, et en prenant appui sur les récits bibliques ou encore la pensée du philosophe allemand Hartmut Rosa qui travaille sur l’accélération dans les sociétés contemporaines.
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