La phrase de M. Macron « nous sommes en guerre » a inspiré ce texte à une xavière. Quel sens ont les 3 piliers du carême en ce temps de crise ?

La tempête apaisée – Marco Rupnik, sj

Dans cette guerre que le monde mène, je l’avoue de suite : je ne suis pas au front. Les nouvelles me parviennent, certes, et je ne peux que compatir et prier pour tous ceux qui se trouvent au rang des blessés, des mourants, des morts, et pour tous ceux qui, dans l’urgence de la bataille se démènent pour leur venir en aide, s’épuisent, et pour certains succombent.

Je suis loin de ce front-là, comme j’étais loin aussi des tragédies des guerres civiles ailleurs, au Yemen, en Syrie, loin des homicides, féminicides et génocides perpétrés dans tant de coins du monde. Loin, mais non indifférente… mais impuissante.

Nous avions publié un article au début de ce carême : pourquoi la prière, le jeûne et l’aumône ?

Je n’ai d’autres armes, encore aujourd’hui et où je suis, que celles-là.

Prière pour les malades, les soignants, les épuisés, les « en détresse », les oubliés. Notre mur de prière, chaque jour, me rappelle à l’urgence : ce fléau – mais aussi d’autres malheurs – touche à l’aveugle : jeunes et vieux, souffrants et bien-portants, anonymes et familiers… Je ne sais si je prie bien et si « bien prier » suffirait à être exaucé… Je fais mienne cette demande du Notre Père : « délivre-nous du Mal ». Du Mal qui s’attaque aux corps de certains et aux espérances des autres.

Jeûner des nouvelles trop tristes. Voilà un point de combat. Pour ne pas sombrer, pour garder de l’énergie et un sourire dont d’autres ont bien besoin : mes élèves, par exemple, dont je prends soin à distance en leur préparant des fiches claires, en prenant de leurs nouvelles, en soutenant les plus perdus, les plus stressés… en rassurant aussi, parfois, leurs parents…
Jeûner aussi pour préparer « l’après », celui de nos retrouvailles. Quel essentiel aurai-je mis au centre qui irradiera nos rencontres et ma pratique professionnelle ?

Aumône de mon temps. Au nom des soignants, au nom des malades, des personnes âgées et de tous ceux qui ne peuvent s’arrêter ou sortir, j’accueille, pour vous mes amis, pendant ma brève sortie quotidienne, la lumière du soleil, la beauté des couleurs, le chant des oiseaux, le souffle de la brise… Je rends grâce, pour vous et avec vous qui ne pouvez en profiter, du soleil donné, qui me rappelle le compagnonnage incessant du Dieu vainqueur de la mort : il marche à nos côtés, le Ressuscité ; il nous rejoint dans les profondeurs de nos appels, de nos souffrances.

Qu’il nous bénisse tous.

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